IMG-20220531-WA0014.jpg

VIELLE PETITE FILLE

Création version in situ - Lyncéus Festival 2022
RESUME
 

Entre réécriture libre du conte du Petit Chaperon rouge et autofiction, Vieille Petite Fille est un récit d'émancipation qui s'appuie sur le célèbre conte pour mettre au grand jour les mécanismes d'aliénation entretenus par les femmes. La pièce interroge la formation et l’inscription du désir d’une jeune femme qui tente de s’affranchir de son destin féminin et familial pour découvrir sa liberté propre.

DISTRIBUTION

 
Texte Juliette Riedler
 
Mise en scène Floriane Comméléran
Avec  Anthony Audoux, Laure Blatter, Edith Proust

JULIETTE RIEDLER

Juliette Riedler est née à Paris le 28 octobre 1989. Après un bac S elle intègre une classe préparatoire littéraire puis l'ÉNS de Lyon en arts de la scène. En parallèle, elle se forme comme actrice à L'École du Jeu. "La Dame de la mer", en collaboration avec Marion Siéfert, "La Barbe bleue", avec Mathilde Saubole et Emma Letellier, sont ses premières créations scéniques. Elle met en scène "Au Bois", de Claudine Galea, avec Gustave Akakpo, Yumi Fijitani, Xavier Guelfi, Anne-Sophie Robin, Paola Secret. Doctoresse en arts de la scène et autrice de livres à paraître en 2022 à L'Extrême contemporain, elle se définit aujourd'hui comme écrivaine. L'écriture est son "espace de liberté."

Mercredi 22 juin - 19 : 00

Vendredi 24 juin - 21 : 00

Samedi  25 juin - 14 : 00

Dimanche 26 juin - 20 : 30 



Plage de l'Avant-Port


Tarif au choix : 5, 10 ou 15€



 

FLORIANE COMMELERAN

Floriane Comméléran est metteuse en scène, dramaturge et comédienne. Après des études de lettres, elle se forme au cours Florent puis à l’Ecole Auvray Nauroy. Elle travaille en tant qu’interprète sous la direction : d’Anaïs de Courson, de Guillaume Clayssen, d'Yves-Noël Genod, de Muriel Vernet. Elle met en scène un spectacle à partir de "L’Homme sans qualités" de Robert Musil et d’"Agatha" de Marguerite Duras : « Les Lectures Illimitées ou l’autre état » et travaille actuellement à sa prochaine création, la suite du film "Persona" de Bergman : « Elisabeth Vogler » (création prévue en 2023 et lauréate de la bourse Beaumarchais SACD en mise en scène). Elle assiste à la mise en scène Francesco Biamonte sur un opéra contemporain qui mêle chant lyrique et théâtre d’ombres, "Ombres du Minotaure" (Théâtre du Passage et Théâtre de l’Oriental en Suisse) et collabore avec Marie Fortuit pour la dramaturgie de sa prochaine création "Ombre (Eurydice parle)" d’Elfriede Jelinek (Création 2023 aux Plateaux Sauvages, CDN de Besançon et d’Orléans). Elle fait partie du collectif Les Générales pour des laboratoires d'écritures poétiques performatives et participe au comité de lecture du Label Jeunes Textes en Liberté.

"La pièce est un récit d'émancipation qui s'appuie sur le conte du Petit Chaperon rouge pour mettre au jour les mécanismes d'aliénation entretenus par les femmes. Elle s'ouvre sur un prologue dans lequel le personnage de la Fille tisse à la trame du conte sa filiation féminine pour en exorciser la maladie et la mort. Le premier volet de la pièce retrace les différentes séquences du conte en favorisant les expériences de la Fille et la Grand-mère. Loup y est un garçon malin qui joue à la fois avec la narration et le désir des femmes. Dans le second volet, les trois personnages sont plongés dans la Manche, sur les rivages de la terre où la Mère est née. Elles et ils s'efforcent de se conditionner pour favoriser la réception de toute forme de manifestation de sa présence, et inventent une adresse à cette mère au statut incertain. Cette dernière finalement s'énonce en son nom dans un épilogue comme une montée de lune.

« Toute mère est sauvage. Sauvage en tant qu’elle fait le serment, inconsciemment, de garder toujours en elle son enfant. De garder inaltéré le lien qui l’unit à son enfant dans cet espace matriciel à laquelle elle-même, petite fut livrée. Ce serment se perpétue ainsi, secrètement, jusqu’à l’étouffement et parfois même le meurtre, si de la différence ne vient pas en ouvrir le cercle, et briser l’enchantement. C’est ce serment, que doit rompre l’enfant pour devenir lui-même, accéder à sa vérité.» dit Anne Dufourmantelle dans La Sauvagerie maternelle.

Le sauvage provient de nos régions profondes et inexplorées de l’inconscient qui s’introduit dans nos vies, dans nos relations, dans nos rêves. C’est cette part indomptable, brûlante qui resurgit toujours, inextricablement reliée au désir, à la pulsion, à la vie, à cette mémoire sous la peau. C’est ce qui nous précède et nous dépasse, ce qui se situe hors du langage mais n’est pas sans langage, ce qui se tient éloigné de la civilisation mais en même temps fait irruption et côtoie la civilisation. Il serait impossible de séparer le sauvage de toute forme de civilisation. C’est ce qui est à la lisière en chacun de nous mais c’est aussi ce qui circule entre les êtres, cette présence qui nous relie à l’autre. 

Etymologiquement sauvage provient de silvaticus qui signifie la forêt, ce qui est fait pour le bois. Dans Vieille Petite Fille, Juliette Riedler opère une transposition géographique et symbolique visà-vis du conte originel, on passe du lieu de la forêt à celui de la mer. Ce qui relevait d’une présence obscure, du caché de la forêt et de l’opacité du désir est rendu visible. Il n’en reste pas moins qu’une forme de sauvagerie jaillisse du texte avec autant de poésie que d’humour. La sauvagerie ici serait contenue dans les liens familiaux, dans la maladie, dans la peur de la répétition, dans la brutalité du désir mais aussi dans les injonctions sociétales où séduire rime avec subir. C’est un récit d’émancipation virevoltant d’une jeune femme qui tente de s’affranchir de son destin féminin et familial pour découvrir sa liberté propre afin d’éviter que la dévoration de soi et l’histoire familiale ne se répètent et ne se métastasent dans tous les recoins de son existence. C’est en soi l’histoire d’une trajectoire. En ce sens il me paraissait évident de matérialiser ce trajet par une itinérance, un déplacement physique du public et des interprètes. J’ai donc choisi de situer l’action dans trois espaces différents avec un passage à traverser et une rotation de soi à faire. Les trois lieux choisis se situent au niveau de la plage de l’avant port, tous sont des espaces à la lisière de quelque chose, des espaces intermédiaires, dans des entre-deux : à l’entrée de la plage au milieu des deux rochers, vers l’aire de jeu au niveau de la table de pique-nique située à l’étage pour finir ensuite tourné.es totalement vers cet espace matriciel pour l’épilogue."

Floriane Comméléran