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Lyncéus

festival#12

"à corps perdu"

 

Il y a des trajectoires qui n’acceptent aucune déviation.

Et d’autres qui ne sont que déviations.

Les unes filent droit devant, tête baissée et le nez dans le guidon, mues sans doute par une intuition secrète. Les autres sont un cortège de dérives, une suite d’errances et de divagations qui finissent au bout du compte par former un itinéraire, par former une sorte de science : celle du hasard. Ou du destin.

Il y a des gestes qu’on fait en vain mais pour de bon. L’important, parfois, est seulement d’aller au bout du geste. Pour voir.

Il y a des élans d’amour et des pertes de connaissance. Il y a le saut de l’ange, il y a le diable au corps. À tort ou à raison, il y a de ces moments dans la vie où il nous faut avancer coûte que coûte, tout risquer, foncer, et y croire…

C’est de cette étoffe dont sont faites les tragédies, c’est vrai. Mais c’est également celle dont on habille les plus grandes épopées. Et nos rêves les plus fous sont à ce prix, non ?

Comme les comètes, nous avons parfois ce besoin d’allumer la nuit d’une grande traînée de feu. Quitte à y laisser des plumes. Quitte à s’y brûler les ailes. Tant pis, il faut parfois tracer une voie nouvelle. Ouvrir une brèche dans la peur et la solitude. Offrir le spectacle du ciel à toutes celles et ceux qui voudront bien lever la tête. Et tout ça, peut-être, sans même s’en rendre compte, sans même l’avoir décidé !

Remercions les comètes. Gardons-nous de trop vite juger les forcené·e·s. Et saluons, comme autant d’enfants prêts à s’émerveiller, le peuple aventurier des causes perdues !

Qui sait ? Peut-être y a-t-il encore des places à bord.

C’est un risque à prendre.

À prendre à bras-le-corps.

À corps perdu.

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